Cités perdues de Bretagne


Dans La Chanson de la Bretagne, Anatole Le Braz cite plusieurs cités bretonnes appartenant désormais au passé : Occismor, Lexobie, Tolente et Ker-Is. Dans ce billet, je vous propose de partir sur leurs traces !
 
Pour démêler légende et réalité, les études ne datent pas d’hier. Toutes les voix ne s’accordent pas. La même problématique se pose à Alésia : le siège mythique s’est-il déroulé près d’Alise-Sainte-Reine ? ou à Chaux-des-Crotenay dans le Jura ?
 
Le nom d’Occismor dérive des Osismes, peuple gaulois qui occupait tout l’actuel Finistère et l’ouest des Côtes-d’Armor. Occismor désignait-il tout le territoire ? Ou un point bien précis, une ville importante ? Deux sites potentiels sont généralement cités : l’ancienne Vorgium/Carhaix, ex capitale des Osismes (Vorgium et Occismor n’auraient fait qu’une), et le plateau de Kerilien/Kergroas sur la commune de Plounéventer.
 
La légende décrit Tolente comme une agglomération prospère, un port d’où l’on commerçait avec la Grande-Bretagne. Les invasions normandes au IXe siècle l’auraient rayée de la carte… et ses ruines auraient fini au fond des eaux. Selon la table de Peutinger transcrivant les voies de l’Empire romain, une route relie Vorgium/Carhaix à un port important, Gesocribate. Était-ce là le nom romain de Tolente ?
Ce point fait débat. Gesocribate pourrait se trouver au niveau de l’actuelle Landéda, au bord de l’Aber-Wrach… mais également vers l’Aber-Benoît, voire à Brest.

 

Extrait de la table de Peutinger, section Bretagne

 

Un récit similaire se retrouve pour Lexobie : une ville côtière florissante engloutie par un châtiment divin, à moins que les Normands ne s’en soient aussi mêlés… Ses ruines apparaîtraient parfois, lorsque la marée se retire sur une distance exceptionnelle, dans des sables mouvants sur la côte du Yaudet.
Historiquement, son emplacement semble moins évident : les Lexovii, peuple gaulois, avaient établi leur capitale, la civitas Lexoviorum, à… Lisieux, dans le Calvados ! Pas grand-chose à voir avec la Bretagne donc, ni avec la mer.
 
L’histoire d’Ys s’inscrit dans la même tradition. Si vous ne la connaissez pas, pas d’inquiétude : elle fait l’objet d’un chapitre entier dans Les Murmures d’Ys. J’en tairai ici les lignes pour vous préserver sa découverte ! Bien entendu, je la relate selon ma propre vision. De nombreux recueils de contes en offrent autant de versions que d’écrivains.
 
Comme toutes les contrées perdues, les quatre cités évoquées par Anatole le Braz ont un côté fascinant. Ont-elles été un jour de véritables agglomérations ? Ou appartiennent-elles à un imaginaire collectif, embelli, enrichi et déformé par des siècles de transmission orale ? Chacun aimerait avoir près de chez lui un morceau de la légende.

 

N.B. Si les routes anciennes vous intéressent, ne manquez pas le génial site OmnesViae, conçu par l’historien René Voorburg. Il propose une adaptation de la table de Peutinger sur GoogleMaps ! Vous pourrez y découvrir le réseau des voies romaines, voir si l’une d’elles passait près de chez vous, ou encore simuler un itinéraire d’un point A à un point B. Cela ne donne-t-il pas des envies de voyages ?

 

Capture d’écran du site OmnesViae.org

 

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